Pour m'être frotté à un de ces Binz (génératrice asynchrone + condensateurs + ballast), je le déconseille fortement en grosse puissance !!!
Ce système, avec surcompensation de réactif par des condensateurs pour auto-exciter une génératrice asynchrone, est rustique et fonctionne extrêmement bien en petite puissance (quelques kW), de part la tolérance des petites génératrices et le faible coût des condensateurs, mais uniquement avec une vitesse à peu près constante.
Il devient par contre complexe à gérer et coûteux en grosse puissance : trop peu de réactif = pas d'amorçage, trop de réactif = surtensions et claquage des condensateurs ou des bobinages, or l'apport de réactif d'un condensateur dépend de la fréquence, donc en freinage et décélération il faut obligatoirement gérer cela par un automate ou un contrôleur dédié, avec gradins de condensateurs commutés par des contacteurs spéciaux.
Sans gestion, quand l'ensemble ralentit, la fréquence diminue, donc l'apport de réactif aussi, ce qui produit un désamorçage de l'excitation (à moins de gaver de condensateurs, ce qui provoque des surtensions ensuite) : plus de freinage, ça repart en accélération, puis ça se réamorce, etc etc ... avec au final un joli "pompage" ou "yoyo", qui ne fait pas sérieux et fatigue tout le monde, mécanique comprise !
Cerise sur le gâteau, si on laisse le stator connecté sur le ballast jusqu'à une faible vitesse, ou parfois simplement au fil des mois, le magnétisme rémanent du rotor disparaît, et le système ne se réamorcera plus jamais seul ! J'ai ainsi dû "re-magnétiser" il y a quelques mois le rotor d'une génératrice asynchrone, qui était "à plat" après 6 mois d'arrêt. Pour ce faire, un bon coup de 24 Vdc avec deux batteries de voiture en série, sur un des bobinages stator, génératrice évidemment arrêtée, et non alimentée ... Prévoir les lunettes car ça flashe et crache quelques micro gouttelettes de cuivre fondu ! J'utilise pour cela un fil de deux ou trois mètres de 2.5², qui devient vite rouge et fond si on insiste :-) mais qui protège ainsi la génératrice de 25 kW. Et bien sûr pas possible de re-magnétiser en marche, sauf à imaginer une usine à gaz, avec alimentation des bobinages du stator en synchronisme avec la rotation ...
A ma connaissance, ce système génératrice asynchrone/condensateurs/ballast n'est pas utilisé au delà de 25 kW environ. J'ai refait il y a 3 ans une ancienne installation de 25 kW, non reliée au réseau, en remplaçant la platine Leroy Somer (détruite) par un automate, mais le fonctionnement reste capricieux, et un remplacement par un alternateur est prévu à terme. Or on parle ici de 100 ou 200 kW ... donc peut être 150 kVar de batteries de condensateurs !
Sinon, l'idée d'un frein magnétique ou à huile, beaucoup plus simple, a déjà été abordée
ici et là [edit : ce lien a disparu].
Enfin, certaines turbines disposent d'un frein à disque ventilé et plaquettes, type automobile, très progressif et qui arrête la turbine en une dizaine de secondes : simple (trop ?), économique, et facile à régler.
dB-)